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Conférence internationale à Berlin

Faire front contre l’antisémitisme

« La lutte contre l’antisémitisme est notre devoir public et citoyen commun », a déclaré la chancelière fédérale Angela Merkel. Le « Plus jamais ça ! » si souvent proclamé doit se traduire par des actes. Comment mettre cet objectif en œuvre, tel était le thème de la Conférence interparlementaire contre l’antisémitisme.

La chancelière fédérale Angela Merkel s'exprime devant la Troisième Conférence interparlementaire contre l'antisémitisme Angela Merkel : l'antisémitisme et les préjugés envers les autres n'ont pas leur place en Allemagne Foto: Bundesregierung/Denzel

La chancelière fédérale Angela Merkel a clairement affirmé que la haine contre les Juifs, mais aussi toute autre forme de xénophobie n’avaient pas leur place en Allemagne. Cela vaut pour tous ceux qui vivent dans le pays, qu’il s’agisse de citoyens de longue date ou de nouveaux venus. Dans son discours sur « La perception et la lutte contre l’antisémitisme », elle a notamment parlé de la haine sur Internet ainsi que de l’antisémitisme dans le sport et la société de migration.

La Conférence interparlementaire contre l’antisémitisme a pour objectif d’échanger des résultats, des méthodes et des recommandations et de promouvoir leur diffusion afin de pouvoir combattre plus efficacement l’antisémitisme. 140 parlementaires venus du monde entier prennent part à cette conférence organisée par le ministère fédéral des Affaires étrangères et le Bundestag allemand.

Une action déterminée

La chancelière a appelé à cultiver la mémoire : « Quiconque accepte de regarder en face les horreurs de la Shoah en se rendant, par exemple, dans un ancien camp de concentration, quiconque s’intéresse aux nombreux témoignages d’une époque de souffrance funeste est touché au plus profond de son être. » La mémoire met en relief la responsabilité de veiller à ce que des actes succèdent au si souvent proclamé « Plus jamais ça ! », notamment lorsque la dignité de l’être humain est affectée ou en péril, a déclaré Mme Merkel.

Ce sont précisément les témoins de l’époque qui, avec leurs récits et leurs souvenirs, ont empêché les horreurs du national-socialisme de sombrer dans l’oubli. « La plupart des contemporains de la Shoah sont aujourd’hui décédés, mais leurs récits restent profondément ancrés dans nos mémoires », ce qui est d’autant plus important étant donné que l’antisémitisme est encore présent au quotidien à l’heure actuelle, a-t-elle constaté.

La chancelière a mentionné à titre d’exemple les profanations de sépultures juives, les attaques contre des synagogues ou les agressions verbales. « C’est pourquoi nos services de sécurité prennent au sérieux toute attaque contre des Juifs ou des biens juifs. Les délits antisémites sont systématiquement poursuivis avec tous les moyens dont dispose l’État de droit », a assuré Mme Merkel.

Contre l’antisémitisme dans le sport

Angela Merkel a également souligné qu’il fallait agir contre les violences antisémites dans le sport. Les attaques contre des joueurs du club sportif juif TuS Makkabi à Berlin ont montré notamment combien c’est nécessaire.

Dans ce contexte, la chancelière a remercié tous les clubs de football et groupes de supporters « qui se préoccupent résolument de ce sujet » et elle a fait remarquer que la Fédération allemande de football (DFB) et l’UEFA participaient à la conférence.

Relever les défis de l’Internet

Concernant la haine et l’incitation à la haine diffusées sur Internet, la chancelière a rappelé la décision adoptée lors de la Conférence interparlementaire contre l’antisémitisme qui s’était tenue à Londres en 2009. Cette décision reste valable et indique des pistes importantes pour traiter de l’antisémitisme, a-t-elle précisé.

Mme Merkel a rappelé par ailleurs que la haine contre les Juifs et la haine contre Israël formaient souvent une alliance funeste : « Ainsi, si nous condamnons l’antisémitisme en Allemagne et en Europe, cela s’applique à toutes les formes d’hostilité envers les Juifs. Cela englobe donc aussi tous les propos et attaques antisémites qui se présentent sous la forme d’une prétendue critique de la politique de l’État d’Israël, mais ne font en fait qu’exprimer la haine contre les Juifs. »

La confiance, un engagement allemand

Il y a plus de 50 ans, Israël et la République fédérale d’Allemagne ont établi des relations diplomatiques. L’étroite coopération entre les deux pays semble aujourd’hui aller de soi, estime la chancelière, mais « si l’on considère la rupture de civilisation commise par l’Allemagne que fut la Shoah, elle ne l’est nullement ».

La confiance dont jouit aujourd’hui l’Allemagne doit donc, selon Mme Merkel, être « pour nous, Allemands, un engagement à forger un avenir de qualité en restant toujours conscients de notre éternelle responsabilité face au passé ».

La 3e Conférence interparlementaire contre l’antisémitisme se réunit au 13 au 15 mars au Marie-Elisabeth-Lüders-Haus du Bundestag et au ministère fédéral des Affaires étrangères. Elle est organisée par la Coalition intergouvernementale de lutte contre l’antisémitisme (ICCA).

Montag, 14. März 2016